Conseils fiscaux pour étudiants

Par Josée Jeffrey, D. fisc., Pl. fin.

Si le montant des prochains frais de scolarité au Québec est une question encore ouverte au débat public, celui que les étudiants ont assumé l’an dernier est une certitude que ce temps des impôts vient confirmer. En attendant que se façonne leur avenir, les frais de scolarité actuels permettent d’importantes économies fiscales, et ce, autant pour l’étudiant que pour ses parents, même s’il ne vit plus avec eux.

Voici quelques conseils qui vous aideront à optimiser votre remboursement d’impôt ou celui de vos parents.

1)    Le T2202A : un feuillet qui rapporte gros

Chaque établissement reconnu émet un Relevé 8 (destiné au gouvernement provincial) et un feuillet T2202A (destiné au gouvernement fédéral) aux étudiants qui ont payé leurs frais de scolarité durant l’année. Il est probable que vous ayez à récupérer ces relevés sur le site Internet du collège ou de l’université.

En plus des montant pour frais de scolarité payés, ces relevés indiquent le nombre de mois passés aux études à temps plein ou à temps partiel. Cette information vous permet de désigner d’importantes sommes dans vos déclarations de revenu. Notez que vous n’avez pas besoin de conserver les reçus de vos frais d’inscription ou de vos livres scolaires.

N’oubliez pas de reporter les montants pour études non déduits des années antérieures.  Vous trouverez cette information sur vos avis de cotisation. Ces montants ne peuvent être transférés aux parents.

À qui transférer les montants pour études non utilisés ?

L’étudiant doit d’abord réduire son impôt à payer avant de déterminer à qui ses frais d’étude non utilisés seront transférés. Seuls les montants pour l’année courante peuvent être transférés en partie ou en totalité, jusqu’à concurrence de 5 000 $ pour ce qui est du fédéral. Il peut désigner ses parents ou ses grands-parents, à moins d’avoir un conjoint déclaré fiscalement. Autrement, le montant fédéral inutilisé figurant à l’Annexe 11 sera reporté à une année ultérieure.

Au Québec, les règles entourant le transfert des frais de scolarité diffèrent de celles du fédéral. D’abord, la limite de 5 000 $ applicable aux transferts de frais de scolarité ou d’examen n’existe pas. Ces montants peuvent être transférés à votre père, à votre mère, à votre grand-père ou à votre grand-mère, ou être reportés aux années suivantes.

2)    Choisir entre la prime au travail et la contribution parentale

Au Québec, l’étudiant majeur qui a reçu un Relevé 8 aura à opter entre transférer un montant à ses parents (la contribution parentale) ou demander la prime au travail, qui peut atteindre jusqu’à 532,98 $ par an pour une personne seule, selon la plus avantageuse des deux options.

Plusieurs parents omettent de réclamer ce montant parce que l’étudiant ne vit plus à la maison.

3)    Déduisez les intérêts de votre prêt étudiant

Les intérêts payés sur le remboursement de votre prêt étudiant vous donnent droit à un crédit d’impôt non remboursable. Vous n’avez pas déclaré ces intérêts les années précédentes ? Qu’à cela ne tienne, il est possible de réclamer les frais des cinq années précédentes au fédéral, et cette rétroaction n’est soumise à aucune limite de temps au Québec.

Évitez de consolider votre prêt avec d’autres prêts personnels, car vous perdrez cet avantage fiscal.

En plus des bourses qui ne sont plus imposables depuis 2007, d’autres dépenses peuvent être réclamées par l’étudiant. Par exemple, les frais médicaux payés par l’étudiant majeur peuvent lui être remboursés sans nécessairement qu’il ait un solde d’impôt à payer.

Pour avoir droit à tous ces avantages, l’étudiant doit produire une déclaration de revenus même si le revenu est faible durant l’année.  De plus, cela lui permet d’accumuler des droits de cotisation au REER chaque année, qu’il peut reporter ultérieurement s’il n’a pas encore les moyens d’y contribuer.

 

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